Les défis du pluralisme en éducation : essais sur la formation interculturelle
de Fernand Ouellet,

Les Presses de l’Université de Laval, 2002
ISBN 2-7637-7857-7

Les enseignants sont invités à explorer quelques aspects importants du modèle culturel dominant dans un pays…et à les situer dans la dynamique des rapports tendus avec les groupes minoritaires. Cette recherche doit aboutir à la rédaction d’une courte monographie dans laquelle ils visent à approfondir les points suivants : (a) l’univers religieux et ses transformations contemporaines, (b) la famille et l’éducation des enfants, (c) le système de l’éducation, les tensions entre tradition et modernité, (d) les rapports entre les groupes culturels et religieux et les politiques d’État dans ce domaine (e) les problèmes économiques et leur impact sur la volonté d’immigrer. (p. 37)

L’obstacle principal au développement de stratégies pédagogiques qui permettent aux élèves de participer activement à la construction du savoir et à l’échange symbolique dans la société où ils sont nés ainsi qu’à ceux des différentes disciplines d’entrer dans une nouvelle communauté de savoir paraît donc être plus qu’une simple question de coût. (p. 74)

Sur quelle base est-il possible de résoudre démocratiquement les désaccords moraux profonds qui traversent nos sociétés sans tomber dans ce que Charles Taylor appelle le « relativisme mou » qui réduit les valeurs morales à des questions de goût ou de préférence individuelle? (p.85)

Il y a un lien évident entre cette vision de la citoyenneté enfantine et le mouvement contemporain visant à faire de l’enfant non seulement un « objet » de droits, mais un véritable sujet de droit actifs, comme ceux de l’expression, d’association, d’opinion et de croyances, et de droit politiques, comme ceux de vote et d’éligibilité. Ce mouvement a abouti à la Convention de 1989 qui garantit à l’enfant « le droit d’exprimer librement son opinion sur toute question l’intéressant, les opinions de l’enfant étant dûment prises en considération eu égard à son âge et à son degré de maturité. » Cela enlève aux parents et aux éducateurs le pouvoir absolu qu’ils croyaient souvent avoir sur les enfants au nom précisément de leur responsabilité éducative. (p. 91)

…les conséquences de cet excès de liberté qui caractérise la post-modernité. Les formes nouvelles d’exclusion et d’inégalités qui marquent la post-modernité occupent une place importante dans l’ouvrage (de Zygmunt Bauman). Si l’étranger était l’obsession de la modernité, celle de la post-modernité est plutôt le pauvre criminalisé qui dérange la tranquillité du « bon consommateur. » (…) … chaque culture a une certain modèle de pureté et certaines structures idéales à conserver intactes et sans égratignures, quoi qu’il arrive. Ainsi, le souci de la pureté et la recherche de la propreté paraissent relever du même mécanisme. Balayer le plancher, stigmatiser les traîtres ou bannir les étrangers s’enracine dans le même souci de préserver l’ordre, de créer ou de conserver un environnement compréhensible et hospitalier à l’action raisonnable. (p.166-117)

[L]a post-modernité produit des formes de domination et d’exclusion où l’élément central n’est plus l’appartenance ethnique et religieuse ou la couleur de la peau, mais l’appartenance à une catégorie sociale, celle des consommateurs « imparfaits » Il serait donc abusif de réduire les formes contemporaines du racisme à cette seule dimension, mais on est forcé d’admettre qu’il s’agit d’une dimension importante et que les stratégies anti-racistes, en éducation ou ailleurs, doivent la prendre en compte. (p.128)

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