Les habits neufs de l’antisémitisme: Anatomie d’une angoisse
Jean-Pierre Allali, Paris, 2002
ISBN 2-220–5090-4

" C’est inquiètant. On transfère en France le conflit du Proche-Orient et l’on nous dit que tout cela arrive parce que nous sommes trop proches et trop solidaires des Israéliens ! On n’empêche pas les Maghrébins d’être solidaires des Palestiniens. La solidarité, l’amitié sont des entiments parfaitement légitimes qui ne doivent en aucun cas entraîner de violences. (...)

Et puis, phénomène aggravant: les attendus de ce jugement condamnent un acte de violence et non un acte d’antisémitisme. Ce qui fait que dans les statistiques du Ministère de l’Intérieur, cet acte va être tout naturellement répertorié comme acte de violence. Et l’on s’étonne ensuite que ce même ministère constate une diminution des actes antisémites en France. Si attaquer une synagogue n’est pas une action antijuive, j’en perds mon hébreu et mon latin réunis."

Propos de Patrick Gaubert, président de la Licra, Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme, fondé par Bernard Lecache en 1927, pp. 32-33

C’est un fait qu’un certain nombre de prêches entendus dans des lieux de cultes muslmans on une connotation antijuive (Note en bas de page: Sous le titre "Ce que prêchent les imams en France ", Le Monde, daté du 8 février 2002, consacre sa page "Société" ¸une enquête inédite menée entre septembre 1999 et juin 2001 dans 23 mosquées de France sur le contenu de 48 sermons. Il en ressort, selon l’analyse de Xavier Ternisien, que les "imams de France prêchent un islam moralisateur et non-belliqueux." Qui faut-il croire ?) La police nationale, qui a enquêté, le sait bien et pourrait en témoigner. Quant à l’information, elle vient du bouquet télévisé Arabsat qui passe en boucle, depuis le déclenchement de la deuxième Intifada, les scènes de manifestations anti-israéliennes en Palestine et dans le monde. Ou la mort en direct du petit Mohamed."

Propos de Sammy Ghozlan, vice président du Consistaoire de Paris, p. 36. (...)

"Dans l’Histoire, la confrontation religieuse l’a toujours emporté sur le rapprochement spirituel," or, "nous sommes dans l’Histoire," constate Clément Yana, président du Crif, Marseille. p. 163

"Oui, la religion peut apparaître comme facteur de frictions et une source de conflits si elle est utilisée à des fins politiques. L’image de Dieu utilisée abusivement pour justifier certains actes de violence va à l’encontre du message biblique. La religion a été, est, et restera fidèle¸ elle-même, tant qu’elle transmettra aux hommes un idéal de rapprochement et d’amour partagé, en somme de fraternité ! (...)

Propos de Moïse Cohen, Président du Consistoitre israélite de Paris, p. 164.

"La laïcité avait sauvé l’Église catholique en lui permettant d’agir au plan spirituel alors qu’elles était embourbée au plan politique. Je pense qu’en Israël le même problème se pose. Tant qu’il n’existera pas une séparation entre la Synagogue et l’État, une confusion des genres extrêmement dangereuse subsistera. C’est tout de même pour des motifs religieuix qu’on a tué Ytzhak Rabin."

Propos de Théo Klein, avocat, p. 165, 166

Les religions facteur de tension ? "Non, répond Roger Cukierman, ce qui pose problème c’est la manière dont on pratique les religions. On l’a vu avec l’islam. L’islam modéré et l’islam extrèmiste et fanatique n’ont pas grand-chose en commun. Et cela est propre à toutes les religions. Les fanatiques, partout, détournent la religion de ses objectifs initiaux. La religion doit être amour et quand on l’utilise comme un instrument de haine, on aboutit aux pires choses."

Propos de Roger Cukierman, président du Conseil représentatif des Institutions juives en France, p. 166

 

Excités par des prêcheuirs irrespondables, abreuvés d’images télévisées répétitives de certaines scènes atroces, souvent désoeuvrés et dépourvus d’idéal, des "jeunes" des banlieues se sont complètement assimilés aux jeunes Palestiniens lanceurs de pierres de l’Intifada, découvrant là l’opportunité de soutenir une cause qui leur paraît juste... Par ailleurs, des rencontres avec les responsables musulmans permettent de renouer un dialogue qui s’était quelque peu distendu....entreprendre une pédagogique d’envergure auprès d’une jeunesse totalement désorientée. (On) sait d’ores et déjà, que pour cette question comme pour tout autre problème techqnique qu’elle rencontrera, elle trouvera auprès de la communauté juive organisée, forte de sa longue expérience, toute l’aide et tous les conseils nécessaires. pp. 175-176

close this window to return to Pluri Vox Book Excerpts page